ALLOCUTION du ministre des Armées aux militaires de la base aérienne projetée H5.

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Monsieur l’ambassadeur,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le chef d’état-major de l’armée de l’air,
Messieurs les officiers généraux,
Colonel,
Officiers, sous-officiers, soldats et aviateurs de la base aérienne projetée H5,
Mesdames et messieurs,

Charlie Hebdo. Le Bataclan. Saint-Etienne du Rouvray. Trèbes, où se sacrifia le colonel Beltrame. Strasbourg.

Une liste trop longue et pourtant incomplète. Une liste de violence, de sang, de deuil.

Le terrorisme djihadiste frappe la France, l’Europe, les Nations qui croient en la liberté, l’affirment et l’incarnent. Il frappe nos valeurs, nos modes de vie, nos institutions. Ses assassins veulent mettre à terre nos rêves, nos quotidiens, nos fêtes.

Cela n’arrivera pas. Nous ne les laisserons jamais faire : ni hier, ni aujourd’hui, ni demain.

Contre Daech, vous êtes en première ligne. Vous êtes les femmes et  les hommes, qui combattent le terrorisme ; qui protègent notre pays ; protègent les Français et les protègeront jusqu’au bout.

Depuis 2014, au sein de la coalition internationale, vous avez emporté des victoires. Vous avez participé aux assauts, aidé à détruire, une à une, les emprises et les villes du pseudo-Califat.

Chaque mission aérienne, chaque bombe larguée ; chaque avion entretenu, réparé ; chaque fret acheminé, déchargé, réparti ; chaque ronde menée, sont autant de coups que vous avez assenés à Daech.

A votre arrivée, Daech avait un territoire, il battait monnaie. Son étendard noir, signe de la haine aveugle, flottait sur les villes, asservissait les populations.

4 ans. 4 ans de combats et de soutien. 4 ans de coopération et d’action. 4 ans qui ont réduit Daech à peau de chagrin. Mossoul et Raqqa sont tombés. L’Irak est libérée. Il ne reste presque plus de territoire contrôlé par Daech. Aujourd’hui, les prétendus soldats du soi-disant Califat sont acculés, retranchés.

Mais ce serait une erreur de crier victoire trop tôt. Daech n’est pas vaincu. Dans la région de Hajin, ses combattants les plus déterminés continuent de se battre. Ailleurs, les djihadistes changent de tactique et continuent leur lutte dans la clandestinité.. Parfois aussi par la propagande, par la parole qui susurre, qui séduit, et qui bientôt tue.

Mesdames et messieurs, à votre arrivée, le mandat était clair : détruire Daech. Il n’a pas changé. Nous avons une mission à terminer.

Et c’est grâce à vous que nous la terminerons. Grâce à vous et tous vos frères d’armes de l’opération Chammal. Grâce à vous et toutes les Nations qui continuent le combat contre le terrorisme au Levant.

J’ai appris tout comme vous la décision des Etats-Unis de se retirer de Syrie. Lorsque la rumeur m’en est parvenue, avant son annonce par le président américain, j’ai immédiatement appelé dans la nuit mon homologue Jim Mattis, qui me l’a confirmée. Depuis, il a démissionné.

C’est une décision brutale, unilatérale. C’est une décision qui prête à conséquences, à des conséquences que nous ne pouvons ignorer. Pour la lutte contre Daech bien sûr. Mais aussi parce qu’elle place nos partenaires des Forces démocratiques syriennes dans une situation de vulnérabilité. Les autorités françaises ont fait savoir leur divergence d’analyse.

Nous dialoguons en permanence avec les Etats-Unis. Nous faisons tout pour qu’un départ précipité n’aboutisse pas à frustrer la coalition d’un plein succès militaire. Nous réfléchissons à l’étape d’après, nous le faisons aussi avec eux.

Evidemment, nous devons adapter nos plans ; mais notre ambition reste intacte. Je suis venue ici, sur la base H5 pour le redire : la France continue le combat contre le djihadisme. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour détruire, avec l’aide de ses partenaires, les derniers réduits de Daech. Et pour cela, nous avons toujours besoin de vous. Nous avons toujours besoin de cette coopération précieuse avec nos alliés. Je pense en particulier à la Jordanie, partenaire qui nous permet d’occuper les murs-mêmes de cette base.

Dès demain, je compte sur vous pour poursuivre la tâche, car en 2019 elle n’est pas moins urgente qu’en 2018.

Vous avez engagé une activité opérationnelle intense, difficile, exigeante, pour reprendre la poche d’Hajin. Vous avez été un appui essentiel aux forces démocratiques syriennes, dans les moments difficiles comme dans les victoires récentes. Il faut maintenant transformer l’essai.

Cela veut dire, dans l’immédiat, permettre à nos partenaires sur le terrain de franchir les derniers kilomètres qui les séparent de la victoire.

Mais transformer l’essai, c’est aussi gagner la paix. Nous en sommes encore loin. La défaite de l’ennemi, ce n’est malheureusement pas encore la paix. La Syrie est un palais ouvert à tous les vents, livré à la cohue, à tous les appétits. Après tant de souffrance et de sang versé, il faudra bien longtemps avant qu’elle ne trouve une gouvernance acceptable, et qu’elle ne se réconcilie avec elle-même. Pour nous, il faut en tout cas miser sur l’accès humanitaire, la stabilisation, et demain, si les conditions politiques le permettent, la reconstruction et le développement.

Malheureusement, cela, ce n’est que demain, voire après-demain ; et comme vous le savez, le temps est encore long.

La tâche peut sembler plus aisée en Irak, mais elle n’en est pas moins immense. Gagner la paix y imposera patience et persévérance. Il faudra pour cela un Etat solide, capable de fédérer toutes les communautés et assez robuste pour faire face au risque bien réel de résurgence de Daech.

Je suis fière de l’effort de formation consenti par les forces Françaises de Chammal :.en aidant les partenaires irakiens, Chammal sème les graines de la sécurité et de la stabilité.

Que ce soit en Irak ou en Syrie, permettez-moi de vous le redire :  votre engagement est exemplaire, courageux, essentiel. Je pense à vous, aviateurs et soldats de la base aérienne projetée H5. Je pense à vos frère d’armes de la Task Force Wagram, des Task Force Narvik et Monsabert. Je pense à tous les militaires de Chammal, à tous les militaires avec lesquels nous coopérons au quotidien dans la coalition. A vous tous, pour tout cela, inlassablement, et du fond du cœur : merci.

Nous sommes le 31 décembre.

L’année qui vient de s’écouler a été riche d’événements et de changements. Elle a été marquée par des douleurs, des sacrifices, elle a été le synonyme de joies intenses et de bonheurs partagés.

En 2018, les Armées Françaises ont pris le chemin du renouveau, de la remontée en puissance. Les moyens sont là, enfin. Les équipements vont se renouveler, enfin. La loi de programmation militaire prévoit d’investir près de 300 milliards d’euros d’ici 2025 et le Président de la République s’y est encore engagé récemment : tous les moyens seront là, on ne badine pas avec la défense de notre pays.

Près de 300 milliards d’euros qui permettront de moderniser nos avions de chasse, de renouveler et d’augmenter notre flotte d’avions ravitailleurs avec la livraison des 12 premiers A330 Phénix. Des investissements qui permettront un meilleur fret et un meilleur transport stratégique avec la livraison des C130-J et de 11 A400M. Je parle ici de l’armée de l’air mais aucune Armée, aucun service ne sera oublié pas plus que le renouvellement de vos petits équipements, ceux qui font votre quotidien ; car vous ne trouviez pas normal que les magasins de sport deviennent vos fournisseurs officiels, moi non plus.=

Cette remontée en puissance de nos Armées, ce sont aussi, des meilleures conditions de vie et d’engagement pour vous et vos familles. Je pense au Plan Famille, je pense à des places en crèche supplémentaires, à des affectations connues plus tôt, à des moyens nouveaux pour les bases et les régiments.

Nous sommes le 31 décembre. Cette date, j’imagine, doit nourrir en vous des souvenirs, des éclats de rire, des coupes de champagne, peut- être, ou des comptes à rebours exubérants, avant les douze coups, leur joie, leurs vœux, leurs paris, leurs promesses.

Il y aura bien un compte à rebours tout à l’heure, rassurez-vous, je ne me déroberai pas ! Il y aura aussi des éclats de rire, peut-être même un peu de champagne, mais je sais que ce n’est pas un nouvel an ordinaire. Vous avez passé Noël loin de vos familles, de vos amis. Certains d’entre vous sont en poste au moment même où je vous parle ou alors le prendront un peu plus tard dans la nuit. Ces fêtes, pour vous, n’ont rien eu d’une respiration ou d’une pause : il n’y a pas de pause face au terrorisme.

Mais tous, tous, sans exception, ce soir, dans la nuit de H5, nous sommes unis par la force de la fraternité d’armes et par la certitude d’agir pour le bien de la France et de ses valeurs.

Rien ne remplace l’épaule d’un conjoint, mais peu de choses valent le bras d’un frère d’arme. C’est une famille que vous avez ici, forte, unie, soudée. Une famille qui n’abandonne jamais, qui sera festive dans les bons moments et solidaires dans l’adversité. C’est une famille magnifique avec laquelle je suis honorée de passer le cap de l’année ce soir.

2018 est à son crépuscule. Je pense à vos frères d’armes tombés pour protéger notre pays. Je pense à tous ceux qui ont été blessés et souffrent dans leur chair ou de leur esprit. Je veux leur dire que la France ne les oublie pas, ne les abandonne pas. Souvenons-nous d’eux, de leur courage et de leur sacrifice. Faisons-leur honneur et qu’ils nous inspirent pour l’année qui vient.

2019 commence bientôt. C’est année une décisive pour nos Armées, celle qui verra le début concret de la remontée en puissance. C’est une année décisive pour la France, pour la liberté. C’est l’année où nous devons continuer notre effort contre le terrorisme, ne jamais baisser les bras, tout faire pour l’emporter.

Les djihadistes n’ont jamais eu d’états d’âmes avec nous, nous n’en aurons pas avec eux. En 2019, que Daech n’espère ni sursis ni repos.

Dans quelques instants nos cœurs seront à la fête mais nos âmes, elles, seront toujours au combat. Au combat pour tous les Français, pour leur sérénité, pour nos familles. Au combat pour la Liberté, contre le terrorisme et la haine aveugle. Au combat, enfin et toujours, pour la République et pour la France.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, une très belle année 2019.

Vive la République ! Vive la France !

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