2026 : « La raison du plus fort » sera-t-elle victorieuse ?
« Toute la terre habitée a été de nos jours reconnue, relevée, partagée entre les nations. L’ère des terrains vagues, des terres libres, des lieux qui ne sont à personne dont l’ère de libre expansion est close » (Paul Valéry). Souverain sur son territoire, chaque État exerce ses compétences de manière exclusive et peut en disposer comme il l’entend.
Depuis 1945, le droit international a théoriquement aboli « la raison du plus fort » (Jean de La Fontaine). Posé par l’article 2 § 1 de la Charte des Nations Unies, le principe de l’égalité souveraine des États – identifiés par leur territoire, leur population et leur gouvernement – permet à chacun d’exister. 193 États sont aujourd’hui membres égaux de la communauté internationale, quelle que soit leur puissance et leur différence d’ordre économique, social, politique ou d’une autre nature.
Chaque État dispose d’une voix au sein de l’Assemblée générale. « Qui vote pour quoi et avec qui » : la réponse apparaît en quelques clics grâce au navigateur développé par Le Monde diplomatique (www.monde-diplomatique.fr/resolutions).
Le principe de la souveraineté des États ne correspond pas à la conduite des États. L’égalité elle-même est-elle possible entre États ? Ne pas répondre franchement « non » en l’état actuel de l’ordre politique et économique international serait se cacher la réalité. La société internationale comprend des puissants et des faibles. C’est une société inégalitaire de fait.
Le loup peut pointer son nez !
L’Occident a longtemps produit un discours fondateur du droit international dont le but a été d’unifier sous sa houlette les comportements de toute la société occidentale, et, au-delà, de toute la société internationale. Ce temps est révolu : la résolution du 2 mars 2022 condamnant l’agression russe en Ukraine et demandant à Moscou le retrait immédiat de ses troupes, a été votée par 141 États (soit la majorité) ; la résolution du 24 février 2025 réaffirmant le soutien à l’Ukraine et à son intégrité territoriale et exigeant le retrait des troupes russes est votée par 93 États (Le Monde, hors-série, 40 cartes pour comprendre les nouveaux empereurs).
Le droit international repose sur la seule volonté des États de coopérer : aucune règle de droit n’oblige un État à accepter de limiter ses pouvoirs ; aucune autorité supérieure ne contraint les États à respecter leurs engagements.
Le loup est dans la place !
« Nous vivons dans un monde où les conflits, l’impunité, les inégalités et l’imprévisibilité sont omniprésents » (Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU). L’intérêt personnel de l’État l’emporte : « la raison du plus fort » devient la norme.
Les relations internationales pourraient même se résumer à des opérations politicocommerciales : en témoigne l’accord préliminaire en vue d’un traité de paix signé le 8 août 2025 entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie qui prévoit la construction d’une « route Trump pour la paix et la prospérité internationales », censée relier l’Azerbaïdjan et son exclave du Nakhitchevan à travers le territoire arménien, grâce à des infrastructures financées, voire sécurisées par les États-Unis (Le Monde diplomatique, décembre 2025).
Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée Générale des Nations Unies, appelle la communauté internationale à réagir : « en aucun cas, le monde ne se porterait mieux sans les Nations Unies ». Il est vrai ; à défaut, la fin est connue : « Là-dessus, au fond des forêts / Le Loup l’emporte, et puis le mange / sans autre forme de procès ».
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