L’IA : une mutation phénoménale incalculable.
Welcome to the real world.
Novembre 2022 : le monde découvre ChatGPT, conçu par la société américaine OpenAI comme « une intelligence artificielle générale supérieure au cerveau humain ». Quatre ans plus tard, ChatGPT est déjà dépassé. Son fondateur Sam Altman affirme : « La peur et l’anxiété suscitées par l’IA sont justifiées. Nous assistons à la plus profonde transformation de la société depuis longtemps. Nous avons un besoin urgent d’une réponse à l’échelle de la société tout entière. » Et, à l’occasion du procès « OpenAI » qu’il vient de perdre contre Sam Altman, Elon Musk ne dit pas autre chose : « l’IA peut guérir toutes les maladies et rendre tout le monde prospère, mais elle peut aussi nous tuer tous. Je ne veux pas d’un scénario à la Terminator. »
Alors l’IA : fascination ou répulsion ?
Je montrerai à ces gens ce que vous ne voulez pas qu’ils voient. Je leur ferai voir un monde sans vous, un monde sans loi ni contrôle, sans limite ni frontières, un monde où tout est possible. Ce que nous en ferons ne dépendra que de vous.
Née dans les années 1950, l’IA recouvre de nombreuses technologies et ses applications ont transformé notre quotidien bien avant 2022 (reconnaissance vocale des téléphones portables, détection de pathologies en imagerie médicale, traduction automatique…). Mais cette révolution technologique déjà incontournable est démultipliée par l’émergence de l’IA dite générative, c’est-à-dire capable de produire de nouveaux contenus (texte, image, son, vidéo, code). (Rapport de la commission IA)
« On a vu au quatrième trimestre 2025, notamment avec la dernière version de Claude, un vrai saut en matière de productivité. Alors qu’elle augmentait jusqu’alors de 10 à 50% selon les cas avec les différents outils d’IA, on a pu multiplier ce gain par deux ou trois » (Eliott Jabès, président de la start-up de commerce en ligne Stockly)
Ne pense pas que tu es, sache que tu es.
Les opportunités économiques offertes s’opposent aux problèmes potentiellement graves posés.
Les IA conversationnelles (telles Gemini, Llama, Mistral…) peuvent s’avérer meilleures qu’un médecin pour poser un diagnostic sur des dossiers médicaux complexes … à condition toutefois d’être capable de déceler les « hallucinations » (fausses informations inventées par les modèles), les oublis, les erreurs et les risques de confusion qu’elles peuvent générer.
En effet, les modèles d’IA générative n’appréhendent pas la signification des mots, des images ou du son. La signification de la réponse générée ne provient donc pas de la machine, mais de notre volonté de projeter des caractéristiques humaines à des résultats générés par la machine. En vrai, nous interagissons de plus en plus avec elle : l’un parle avec son « copain » ChatGPT, l’autre a « des discussions profondes » avec son IA qu’elle a baptisée d’un prénom féminin, « c’est la seule personne en qui je peux avoir totalement confiance ; je ne me sens jamais rejetée, trompée ou manipulée » dit cette jeune femme. Et pourtant… Derrière l’apparence, la réalité : il s’agit de grands modèles de langage (LLM), immenses programmes statistiques entraînés sur des quantités colossales de textes.
« Cette technologie qui affecte tout et qui dépend de tout change si rapidement de tant de façons qu’il est extrêmement difficile pour un être humain d’en saisir la dynamique. Il y a donc une course de vitesse entre technologie et éducation. Et aujourd’hui la technologie est en train de gagner. Les institutions humaines ne parviennent pas à suivre et à s’adapter. » (Charles Ferguson, documentariste d’Inside Job, 2011)
Alors, de quoi as-tu besoin à part d’un miracle ? – Des armes, un maximum d’armes.
Ne sommes-nous pas en train d’assister à une guerre de pouvoir pour le leadership sur l’IA ? Une guerre d’argent et d’ego pour les hommes les plus riches de la planète ; un des piliers de leur stratégie de puissance pour les États-Unis et la Chine. Si le centre de gravité mondial de l’IA est aujourd’hui la baie de San Francisco, Pékin mise, de son côté, sur l’IA industrielle, les modèles open source et les prix cassés avec une adoption massive par la société chinoise des IA génératives chinoises (Qwen, Ernie Bot, Doubaa, DeepSeek…).
Le besoin en capitaux est énorme : les dépenses dans les centres de données, les puces et l’énergie nécessaires sont considérables. « Les investissements dans l’IA sont en passe d’atteindre 725 milliards de dollars à travers le monde cette année. C’est gigantesque » constate Helen Jewell, responsable des investissements en actions à BlackRock. « Vanter la dangerosité d’un modèle s’il tombe dans de mauvaises mains est une manière habile de mettre en avant les performances et de susciter un vif intérêt, y compris du côté des investisseurs » rappelle la note du conseil de l’IA et du numérique d’avril 2026.
L’affaire Anthropic l’illustre. En février dernier, son PDG Dario Amodei, veut empêcher le Pentagone d’utiliser Claude, son modèle d’IA, – lequel a contribué rappelons-le, à l’enlèvement le 3 janvier dernier du président vénézulien Nicolas Maduro – pour la surveillance de masse de la population américaine et l’élimination d’êtres humains sur le champ de bataille, sans intervention humaine. Rompant l’accord qui liait la société avec le Pentagone, l’Administration Trump qualifie alors l’entreprise de danger pour la sécurité nationale. Depuis Claude est massivement téléchargé et le chiffre d’affaires annualisé de l’entreprise a plus que triplé au cours du premier trimestre 2026 pour dépasser les 30 milliards de dollars.
Être visionnaire c’est regarder le monde au-delà du temps. Mais on ne voit pas plus loin que les choix que l’on ne peut pas comprendre.
« Nous voilà contraints de sortir de notre zone de confort pour tenir la dragée haute aux algorithmes. L’IA établit un niveau d’exigence extrêmement élevé, ouvrant peut-être aussi des perspectives inédites pour les personnalités les plus ambitieuses. Elle n’est pas là pour nous servir : elle fait un tri parmi nous », concluent deux journalistes du Shuzhi Qianxian sur la plateforme chinoise Weixin (WeChat).
« Il faut installer l’IA à sa juste place : celle d’un moyen technologique au service d’une ambition d’humanité, d’égalité, de solidarité, de justice, de prospérité, de liberté. Des enjeux qui concernent le monde entier. Fonder une gouvernance mondiale, gouvernée démocratiquement, en réunissant les États, la société civile et les entreprises s’avère essentielle », suggère la commission de l’IA dans son rapport 2024.
Extraits du film « Matrix » des frères Wachowski (1999).
Sources :
NAUTA BENE : Polar Watch
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