Association des Auditeurs de l'IHEDN
Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
  • Association des Auditeurs de l'IHEDN
  • ACCUEIL ▴▾
  • L'AA ▴▾
    • Qui sommes-nous ?
    • Le Bureau
    • Le CODIR
    • Statuts de l'Association
    • La Session en cours
    • La communauté IH
    • Charte de l'Adhérent
    • IHEDN
    • ACADEM
    • Le Carnet
    • Publications des auditeurs
  • ANNUAIRE ▴▾
  • ÉVÉNEMENTS ▴▾
    • Événements
    • Agenda
  • COMMISSIONS ▴▾
  • CONTACT ▴▾
  • COTISER EN LIGNE ▴▾
  • Annuaire des Sessions Nationales ▴▾
  • Se connecter
  • Qui sommes-nous ?
  • Le Bureau
  • Le CODIR
  • Statuts de l'Association
  • La Session en cours
  • La communauté IH
  • Charte de l'Adhérent
  • IHEDN
  • ACADEM
  • Le Carnet
  • Publications des auditeurs
  • Événements
  • Agenda
Retour
Space X : « l’astrocapitalisation », triomphe du rêve américain ?

Space X : « l’astrocapitalisation », triomphe du rêve américain ?

Le 12 juin 2026, a eu lieu la plus grande introduction en Bourse jamais réalisée : SpaceX, introduite sur le Nasdaq, a levé 75 milliards de dollars et valait à la clôture environ 2 100 milliards de dollars (1 800 milliards d’euros). En une journée, son fondateur, Elon Musk, est devenu l’homme le plus riche de la terre, sa fortune représentant 3,15 % du PIB américain.

« Cette valorisation inédite fait d’Elon Musk un homme invulnérable, intouchable. Avec une telle fortune, il a derrière lui une cohorte d’actionnaires militants, chez SpaceX et Tesla, dont le destin financier dépend de la performance de ses titres. » (Arnaud Leparmentier, Le Monde)

En quoi les Américains surpassèrent singulièrement les Européens, ce fut dans la science de la balistique… Cela ne doit étonner personne. Les Yankees, ces premiers mécaniciens du monde, sont ingénieurs … de naissance. … Or, quand un Américain a une idée, il cherche un second Américain qui la partage… (Jules Vernes, p. 2)

Dans les années 2000, Elon Musk s’était vu refuser l’achat de fusées par les Russes et moqué par les Européens. Les débuts sont durs : les lancements doivent être organisés depuis les îles Marshall au milieu du Pacifique ; les 3 premières fusées explosent. Patron d’Arianespace, Jean-Yves Le Gall racontait en 2016 : « Il nous a dit, à nous les patrons des trois plus grandes entreprises de lanceurs : "Me voilà et vous êtes morts". L’un d’entre nous a répliqué : "vous parlez. Nous, on lance [des satellites]." Si on avait su… »

Le 23 décembre 2008, le succès est enfin au rendez-vous : la NASA signe avec SpaceX un contrat de 1,6 milliards de dollars pour réaliser 12 vols vers la Station Spatiale Internationale sur la base du tir réussi le 28 septembre 2008. Elon Musk annonce ensuite la création de lanceur réutilisable : SpaceX parvient à faire réatterir pour la première fois un lanceur le 21 décembre 2015. L’entreprise spatiale réduit les coûts d’accès à l’espace, et atteint une cadence de lancement sans précédent. En 2025, elle a réalisé plus de la moitié des lancements mondiaux à elle-seule, ce qui lui donne une position dominante dans l’économie spatiale des lanceurs civils et militaires.

Le Gun-Club fondé, on se figure aisément ce que produisit le génie inventif des Américains. … « Nous devons réussir une entreprise qui paraîtrait impraticable à tout autre pays. … Il n’est aucun de vous … qui n’ait vu la Lune… Il nous est peut-être réservé d’être les Colombs de ce monde inconnu. Comprenez-moi, secondez-moi de tout votre pouvoir, je vous mènerai à sa conquête ! » affirma Barbicane le président du Gun-Club. (Jules Vernes, p. 3 et 11).

Second grand domaine d’activité de l’entreprise : les satellites. La constellation Starlink accapare la grande majorité des mégaconstellations satellitaires en activité, avec plus de 9000 satellites en orbite terrestre basse, à une altitude moyenne de 550 kilomètres. Starlink compte actuellement plus de 10.000 satellites actifs connectés par liaisons optiques qui permettent techniquement à l’entreprise de ne pas avoir besoin de stations au sol. A l’origine (mai 2019), il s’agissait de pouvoir se connecter à Internet de n’importe quel point du globe, notamment dans les zones non couvertes par un réseau de télécoms traditionnel (fibre optique, ADSL, téléphonie mobile 4 ou 5G). Un usage civil devenu une arme de guerre avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022. Communication entre les différents corps d’armée, accès à internet, connexion des véhicules et des armes, notamment des drones, Starlink joue un rôle incontournable dans le conflit. Désactivée du réseau par Elon Musk en février 2026, la Russie a perdu un accès précieux à une constellation satellitaire dont elle ne disposait pas, devant faire appel aux fournisseurs russes Yamal et Express à l’efficacité, semble-t-il, moindre. L’Ukraine est devenue le terrain d’expertise de la guerre de demain avec pour stratégie : innover vite et frapper vite. Starlink a démontré sa capacité à fournir des communications stratégiques à l’armée et Elon Musk son pouvoir d’influencer les équilibres géopolitiques.

Les difficultés astronomiques, mécaniques, topographiques une fois résolues, vint la question d’argent. Il s’agissait de se procurer une somme énorme pour l’exécution du projet. Nul particulier, nul État même n’aurait pu disposer des millions nécessaires. Le président Barbicane prit donc le parti, bien que l’entreprise fût américaine, d’en faire une affaire d’un intérêt universel. (Jules Vernes, p. 68)

SpaceX a largement bénéficié du soutien de l’État américain : plus de 21 milliards d’aides, de financements et de commandes publiques, de la NASA et du Pentagone notamment, ont été accordés à l’entreprise, selon le Washington Post. Et le Pentagone serait même devenu captif des prix de SpaceX, subissant des hausses tarifaires d’après Reuters. En associant la puissance publique et l’innovation privée, l’État américain a créé un champion privé qui a cassé les monopoles historiques et domine actuellement le marché mondial. La puissance spatiale américaine semble aujourd’hui fondée sur un janus bi-frons qui donne actuellement aux Américains un avantage incontestable dans la compétition mondiale.

Est-ce définitivement la fin d’une certaine histoire spatiale ?

L’introduction en bourse de SpaceX pourrait le laisser entendre. Après le passage du SpaceAge (acteurs étatiques) au NewSpace (acteurs privés et États) dans les années 2000, on assiste aujourd’hui à l’émergence d’un astrocapitalisme sous supervision publique. « SpaceX veut pouvoir vous emmener sur la Lune, sur Mars et, à terme, au-delà. », indique le prospectus de l’entreprise. Également propriétaire d’un laboratoire d’intelligence artificielle (xAI) et d’un réseau social (X), SpaceX envisage également la construction de data centers dans l’espace, centres de calcul pour l’intelligence artificielle grâce à l’énergie solaire, ainsi que le développement d’une base lunaire. Selon Frank Curzio, « à ce prix-là, vous n’achetez pas une entreprise. Vous achetez du rêve. » A moins qu’il s’agisse de « l’espoir d’un monopole sur l’espace » : bankable, l’espace serait-il devenu aujourd’hui un simple terrain de jeu pour les milliardaires ?

« Les 1% d’Américains les plus riches détiennent désormais plus de richesses que l’ensemble de la classe moyenne. Ce cap franchi aujourd’hui doit servir d’électrochoc : trop c’est trop. …On ne peut laisser une poignée de milliardaires gouverner le monde… allons-nous ici au Congrès laisser tout cela » s’interroge Elizabeth Warren, la sénatrice démocrate du Massachussetts.

Si la Russie n’a plus la puissance spatiale de l’URSS durant la guerre froide, la Chine construit méthodiquement un écosystème capable de rivaliser avec les États-Unis : « l’essor spatial de la Chine, porté par une politique rigoureuse, des investissements stratégiques et des avancées technologiques considérables, a fondamentalement redessiné le champ de la compétition pour le pouvoir mondial » selon le rapport de la Commercial Space Federation : elle pourrait même supplanter les États-Unis d’ici 5 à 10 ans. L’État chinois ne combat pas la privatisation de l’espace, mais cherche plutôt à créer une version chinoise du modèle SpaceX : en janvier 2026, il a soumis une demande auprès de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour déployer en orbite une constellation géante qui pourrait compter jusqu’à 200.000 satellites.

De même, l’Union européenne a pris conscience de sa vulnérabilité et a développé depuis 2023, un projet baptisé IRIS2 (infrastructure de résilience, d’interconnectivité et de sécurité par satellite), associant les secteurs public et privé, porté par le consortium SpaceRISE regroupant 3 entreprises européennes, le français Eutelsat, l’espagnol Hispasat et le luxembourgeois SES : une constellation de 300 satellites qui devrait entrer en service en 2030.

Que de questions soulevait ce dénouement inattendu ! Grâce au courage et au dévouement de trois hommes, cette entreprise, assez futile en apparence, d’envoyer un boulet à la Lune, venait d’avoir un résultat immense, et dont les conséquences sont incalculables. Les voyageurs emprisonnés dans un nouveau satellite, s’ils n’avaient pas atteint leur but, faisaient du moins partie du monde lunaire ; ils gravitaient autour de l’astre des nuits, et, pour la première fois, l’œil pouvait en pénétrer tous les mystères. (Jules Vernes, p. 167).

Citations extraites du roman de Jules Verne, De la terre à la lune. Trajet direct en 97 heures 20 minutes, Hetzel éd., 1865.

icoFacebook35Color icoTwitter35Color icoLinkedin35Color
icoFacebook35Color icoTwitter35Color icoLinkedin35Color
Consultez également
L’IA : une mutation phénoménale incalculable.

L’IA : une mutation phénoménale incalculable.

Welcome to the real world.Novembre 2022 : le monde découvre ChatGPT, conçu par la société...

20 mai 2026
NAUTA BENE : Polar Watch

NAUTA BENE : Polar Watch

NAUTA BENE : Nos AUditeurs ont du TAlentAmiral Patrick Hebrard - Polar WatchL'amiral Patrick...

21 avril 2026
L’arme nucléaire : une évolution inévitable.

L’arme nucléaire : une évolution inévitable.

La table ronde sur la dissuasion nucléaire française au XXIe siècle, lors du Forum de Paris pour...

15 avril 2026
Du chaos

Du chaos

Le chaos global, géopolitique, économique et informationnel génère aujourd’hui sidération et...

18 mars 2026
Commission des voyages d'études

Commission des voyages d'études

Le Comité Directeur de l’AA-IHEDN témoigne à Madame Hélène Mazeran (SN 46) la reconnaissance de...

27 février 2026
Où en sommes-nous ?

Où en sommes-nous ?

Chers auditrices, chers auditeurs,Après un trimestre à la tête de l’Association, nous...

23 février 2026
L'AA
  • Qui sommes-nous ?
  • Le Bureau
  • Le Comité Directeur
  • Les Auditeurs
  • La communauté IHEDN
GROUPES D'ETUDES ET COMMISSIONS
  • Comité Afrique
  • Trinômes académiques
  • Commission des Affaires étrangères
  • Commission Culture et défense
  • Commission Digital defense
  • Commission Economie et défense
  • Commission Maritime
  • Commission du Prix Vauban
  • Commission des Voyages d'études
ACTUS ET EVENEMENTS
  • Evènements
  • Le Carnet des Auditeurs
  • Publications des Auditeurs
icoFacebook24Color icoTwitter24Color icoYoutube24Color icoLinkedin24Color
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer vos cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations d'Anciens Elèves