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CR du déjeuner du 21/01/16 avec l’ambassadeur Bernard Miyet

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CR du déjeuner du 21/01/16 avec l’ambassadeur Bernard Miyet

Compte-rendu du déjeuner débat de la commission des affaires étrangères du 21 janvier 2016 avec l’ambassadeur Bernard Miyet

En 1997, Bernard MIYET succède à Kofi Annan, élu Secrétaire Général des Nations Unies, au poste de Secrétaire Général-Adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, poste qu’il occupe jusqu’en 2000. Il est le premier des quatre Français qui, jusqu’à ce jour, ont exercé ces fonctions. Actuellement le titulaire du poste est l’Ambassadeur Hervé Ladsous. La France a obtenu ce poste en se ralliant à la candidature de Kofi Annan après l’abandon de son soutien à M. Boutros-Ghali.

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et la création de l’ONU, la France n’a pas toujours soutenu les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

En effet la mise en œuvre de ces OPEX dépend des équilibres internes et extérieurs ; elle peut être le fruit des circonstances et donner l’illusion de l’action ; elle peut être due à la pression des médias et de l’opinion publique internationale et s’avérer parfois contraire aux intérêts de la France.

Afin d’illustrer la complexité de la décision des opérations de maintien de la paix par l’Organisation des Nations Unies, dans le cadre des principes de sa Charte -essentiellement la non intervention dans les affaires intérieures des Etats et le droit des peuples à disposer d’eux même-, Bernard MIYET rappelle divers évènements qui ont entrainé certaines interventions passées de l’ONU.

  • 1950 : la guerre de Corée. La décision a pu être prise en Assemblée Générale car l’URSS pratiquait une politique de la « chaise vide » et n’a donc pu user de son droit de véto. C’est l’illustration de l’importance d’être présent dans l’organisation …
  • 1956 : la crise de Suez. Elle va marquer la fin des « ordres impériaux ». Les forces françaises et anglaises doivent se retirer sous pression conjointe des Etats Unis et de l’URSS et sont remplacées par des forces de l’ONU. C’est le signal que l’on ne pouvait plus s’engager sans l’aval de l’ONU.
  • Années 1950/1962 : la décolonisation. Le groupe afro-asiatique harcèle la France sur sa politique coloniale et sur la guerre en Algérie.
  • 1960 : les guerres du Congo. Suite à l’activisme du Secrétaire Général et des Etats Unis qui instrumentalisent l’ONU, les casques bleus entrent au Katanga et au Kasaï. La France choisit de ne pas participer ni financer l’opération.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU devient une tribune, parfois violente, et les intérêts contradictoires des pays membres contribuent à “geler” les conflits.

Après la chute du Mur de Berlin, s’ouvre une ère “d’irénisme onusien”, de multiplication des pressions médiatiques et d’exigence d’interventions tous azimuts -sans tenir aucun compte des réalités politiques -, ce qui aboutit aux désastres de Bosnie et de Somalie.

La confusion avec ”l’Humanitaire“ brouille les pistes. : les mandats de l’ONU sont mal rédigés, les moyens alloués insuffisants, et les opinions publiques manipulées.

Les échecs aboutissent à la perte de crédibilité de l’ONU.

La chute du Mur de Berlin entraine également d’autres conséquences ; le démantèlement du Pacte de Varsovie remet en cause l’OTAN qui cherche à se ré-légitimer en se posant comme instrument de sécurité collective. Mais l’idée d’une Confédération Européenne est brisée par les Etats Unis, le Canada et les pays d’Europe de l’Est et l’élargissement de l’UE se fait en liaison étroite avec l’élargissement de l’OTAN, donc contre les intérêts de la Russie dont il n’est tenu aucun compte et à laquelle le Partenariat pour le Paix n’offre qu’un strapontin ; l’OSCE est marginalisée.

Le maintien de la paix devient une affaire laissée aux organisations régionales ; mandat est confié à la CEI concernant la Géorgie, l’Abkhazie, la Moldavie ; en Afrique, la CDAO devient un acteur majeur.

Légitimité et efficacité sont de plus en plus souvent mis en cause, et les opérations de maintien de la paix sont cantonnées aux conflits sans solution à court terme tels que ceux de Chypre, du Liban, de la Palestine, du Sahara Occidental ou du Cachemire.

Le Secrétaire Général devient souvent “le bouc émissaire ” des lâchetés internationales et des vétos américain, russe ou chinois.

Mais au cours de ces dernières années, les conflits se multiplient et la légitimité d’intervention est à nouveau recherchée via l’aval des Nations Unies. L’ONU intervient sur de multiples théâtres : RCA, Libéria, Sierra Léone, Erythrée, Haïti, Timor Oriental, Kosovo. Pour accroitre son efficacité, la solution consiste à faire intervenir dans un premier temps les forces de certains pays membres, pour les remplacer ensuite par des casques bleus, (soldats australiens au Timor, soldats français en Côte d’Ivoire et en Centre Afrique par exemple) !

Il est certain qu’une présence au Conseil de Sécurité de l’ONU donne une tribune, une visibilité, une place sur la scène internationale.

Mais il est aussi évident que l’ONU est impuissante quand les intérêts nationaux sont fortement antagonistes (Syrie) et face au phénomène grandissant de remise en cause des frontières (Crimée). Elle n’a pas su jusqu’à présent initier une politique globale pour lutter contre le terrorisme.

A ce jour 120.000 “casques bleus” sont sur le terrain, pour un coût de 9 milliards de dollars.

L’ONU fait face à de nombreuses difficultés pour trouver des soldats à envoyer en opérations (malgré des accords bilatéraux avec 100 pays, pour la mise à disposition de troupes), pour les former, et pour rendre efficaces des troupes totalement hétérogènes et de niveaux très disparates.

La France joue un rôle significatif au sein des Nations Unies et est à l’origine de nombre de résolutions. Elle est vigilante quant à ses intérêts fondamentaux et s’efforce de tenir compte des fortes contradictions entre les principes de la Charte des Nations Unies et la « real politik ».

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